Septidi 27 Frimaire 218
Alain Soral, de la politique posté le jeudi 17 décembre 2009 00:08
Vidéo sur la grandeur de la France. (La France.) posté le jeudi 06 mars 2008 16:21
16 ventôse 216
La pub est un « risque social », c'est la justice qui le dit. (Contre l\'empire.) posté le jeudi 06 mars 2008 16:10
Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain, qui commente un arrêt de la Cour d'appel condamnant, avec réserves, les «casseurs de pub ».
Un arrêt de la Cour d'Appel de Paris a
confirmé la condamnation à un euro symbolique de sept
« déboulonneurs » qui avaient barbouillé
des panneaux publicitaires... Les « déboulonneurs
», ou «casseurs de pub », sont des ennemis de la
pub et pratiquent le barbouillage, le déboulonnage, et plus
subtilement le détournement qui est une autre manière
de lutter contre la pub envahissante. Le «collectif des
déboulonneurs » organise des actions dans les grandes
villes. Ce ne sont pas des ultras : ils tolèrent la pub,
mais de façon réduite : ils voudraient que
l'affichage publicitaire soit limité à 50 cm sur 70,
comme l'affichage associatif. 50 sur 70, c'est pas grand-chose :
fini les grands placards qui, en général,
représentent des voitures (la voiture est le premier objet
promu par la pub.) Donc ces ennemis de la pub ont été
condamnés à un euro symbolique par la 12° chambre
correctionnelle de la Cour d'appel, ce qui n'est pas très
méchant. C'est tout de même une condamnation, mais
légère. Ce qui est intéressant ce sont les
attendus de la Cour. Qui reconnaît que le «risque environnemental social et
sanitaire de l'affichage publicitaire est
sous-évalué. »
La pub fait courir un risque sanitaire
Autrement dit la pub ment ? Non, ça on le sait. Sinon ce ne
serait pas de la pub. C'est pire que ça : la pub fait courir
un risque sanitaire, environnemental et social à la
population. Risque sanitaire, c'est évident : la pub
fabrique des obèses, même quand elle indique dans la
promotion des sucreries « faites de l'exercice ». On a
démontré que l'obésité est
proportionnelle au temps passé devant la télé
: quand on est devant devant la télé, on mange, en
regardant la télé, ce que propose la
télé. Cqfd
Le risque environnemental est clair, lui aussi. Quand vous entrez
dans une grande ville, vous pouvez admirez toutes ces magnifiques
pub pour ceci ou cela qui encadrent votre avancée pas
à pas dans le bruit et les vapeurs des embouteillages. C'est
assez merveilleux. Certains préfèrent contempler des
paysages, des forêts, des montagnes, le Louvre ou les tours
de Notre-Dame. Mais ce sont des pervers !
La pub fabriquerait des idiots ?
Quant au risque social, que veut dire la Cour ? De quoi s'agit-il ?
Du coût social énorme que représente la pub ?
Les fabricants de médicaments dépenseraient plus pour
la pub que pour la recherche ? S'agit-il de la frustration que
procure la pub à des populations dont le pouvoir d'achat est
en berne ? La pub présenterait alors un risque pour l'ordre
public évident. S'agit-il de la manipulation des cerveaux
insidieuse, subliminale, sournoise et cachée qui
exacerberait les désirs et ferait de tout un chacun des
frustrés et des insatiables ? Autrement dit la pub
fabriquerait-elle des idiots ? La question est posée par la
Cour d'Appel.
La phrase du jour : « Hermès, dieu
des voleurs, des marchands et des joueurs, s'engagea à ne
plus mentir, mais ne s'engagea pas à dire tout à fait
la vérité ».
16 ventôse 216
Pour comprendre la monnaie. (Contre l\'empire.) posté le mardi 26 février 2008 15:29
End Xtypo -->Les aventures
mirobolantes de l'Empereur Picrochole II au Pays des Mille et une
Nuits
Chapitre IV :Voyage circummonétaire à la
recherche du Roi Dollar et découverte de la caverne
d'Ali-Baba
Regard panoramique sur une mer monétaire
sereine
Personne n'ignore que dans les échanges entre Etats, la
monnaie est le fléau de la balance qui permet d'assurer
l'équilibre entre ce qu'on vend et ce qu'on achète .
Les deux plateaux de la balance représentent donc des
richesses réelles et reposent sur des productions
concrètes. Mais pour que ce " juge de paix " soit
convaincant, il a fallu trouver un intermédiaire aussi
"impartial " et " fiable " que possible.
Un métal précieux et inaltérable - l'or -
s'imposa tacitement durant des décennies afin de remplir ce
rôle.
Cette première mondialisation financière qui dura une
centaine d'années et prit fin avec la guerre de 1914, peut
être appelée l'ère de l'étalon-or.
Durant cette période les pièces de métal
précieux - or et argent - furent progressivement
remplacées par une monnaie fiduciaire . Cependant, la
quantité de métal précieux se
révéla rapidement insuffisante et les banques
centrales furent autorisées à émettre, en
papier-monnaie , environ 10 fois le montant de leurs
réserves en or.
Mais un prix fixe de l'once d'or garantissait la stabilité
de chaque monnaie par rapport à cet étalon.
Ce système n'était le fruit ni d'une "
conférence ", ni d'un " accord international" laborieusement
négocié. Il résultait de la sagesse
d'expériences séculaires qui s'étaient
progressivement établies depuis qu'il existait des
échanges internationaux et il fut tacitement accepté
par le monde économico-financier pendant un siècle .
Sa stabilité permit le spectaculaire développement
industriel du XIXe siècle sur tous les continents .
Première escale: La guerre de 1914-1918 et le
premier cataclysme monétaire
La première guerre mondiale fit exploser ce bel
équilibre monétaire. Elle fut financée par des
emprunts émis par les belligérants des deux camps -
donc aussi bien par les alliés du Reich que par ceux de la
France et des Anglo-Saxons. Elle consacra un dérapage de la
discipline monétaire qui n'a fait que s'accentuer depuis
lors.
L'effort de guerre financé par du papier monnaie non
gagé sur les réserves en or fut le premier grand
cataclysme monétaire. Il eut deux conséquences
immédiates calamiteuses : la première fut une
dévaluation spectaculaire des monnaies et la seconde celle
de permettre à la guerre de se traîner durant quatre
interminables années et de saigner l'Europe à blanc
par les millions de morts qu'elle provoqua. Elle entraîna un
affaiblissement démographique et économique
irréparables dont l'Europe ne s'est jamais
relevée.
En effet, les guerres du XIXe siècle ne pouvaient durer plus
longtemps que ne le permettait le financement réel -
c'est-à-dire en monnaie couverte par l'équivalent or
- des dépenses militaires. C'est pourquoi, elles
s'arrêtaient en général au bout de quelques
semaines ou de quelques mois.
Cette catastrophe politique eut, entre autres conséquences
politiques néfastes, celle de permettre à une nation
excentrée et provinciale , appelée les Etats-Unis
d'Amérique, de prendre pied en Europe alors que son
expansion et son hubris impériales s'étaient
jusqu'alors cantonnées à son immédiat
environnement.
L'empire étatsunien pointait le bout de son nez
2ème escale : L'entrée en scène
discrète du dollar sur la scène
mondiale.
Pendant que l'Europe préparait la guerre qui allait la
ruiner , elle omit de prêter attention à un
événement monétaire qui allait avoir des
conséquences gigantesques pour l'économie de la
planète : la création le 23 décembre 1913
d'une banque centrale privée constituée par un cartel
de banques d'affaires dirigées par les groupes financiers
Rothschild , Rockefeller.
Actuellement, les propriétaires de la FED (Federal Reserve
Bank) sont :
Rothschild Banks of London and Berlin
Lazard Brothers Bank of Paris
Israel Moses Sieff Banks of Italy
Warburg Bank of Hamburg and Amsterdam
Lehman Brothers Bank of New York
Kuhn Loeb Bank of New York
Chase Manhattan Bank of New York
Goldman Sachs Bank of New York
Je reviendrai sur les circonstances de la naissance de cette
institution dont presque tout le monde s'imagine qu'il s'agit de la
banque centrale des Etats-Unis et donc de la
propriété collective, publique et inaliénable
du peuple américain. Il n'en est rien . Je
démontrerai les ruses par lesquelles les financiers
internationaux se sont avancés masqués .
Il s'agit d'une très classique tromperie sur la marchandise,
d'un camouflage et d'une grossière ficelle commerciale -
mais qui marche toujours. La finance internationale a
utilisé cette escroquerie sémantique dès la
naissance du nouvel Etat . En effet, sous la direction des
Rothchild d'Angleterre, les banquiers créèrent,
dès 1791, une banque qu'ils qualifièrent
déjà de "nationale" sous le nom de BanK of the United
States, mais qui n'était pas plus "nationale" que la FED
n'est "fédérale" . Dans les deux cas il s'agit de
banques privées qui appartiennent à leurs
actionnaires et pour le bénéfice privé
desquelles elles opèrent.
Le cartel de banques privées regroupées sous le nom
de Système fédéral de réserve (FED)
acquit, au détriment de l'Etat fédéral qui le
lui abandonna, le droit d'émettre sa propre monnaie .
Garantie par le gouvernement des Etats-Unis, cette monnaie - le
dollar.
Il convient donc de conserver constamment présent à
l'esprit que la FED n'est pas fédérale, comme son nom
officiel le laisserait supposer et qu'elle est une
société privée à but lucratif,
même si au début de son existence, sa monnaie, le
dollar était couverte , comme les autres monnaies de
l'époque, par les réserves d'or que ces banques
privées rachetaient partout dans le monde .
Un des rares hommes politiques de l'époque à avoir
compris toute la perversité du sytème , Charles
A.Lindberg (le père du célèbre aviateur)
déclara : "Cette loi établit le plus gigantesque
trust sur terre. Lorsque le Président (Wilson) signera ce
projet de loi, le gouvernement invisible du Pouvoir
Monétaire sera légalisé... le pire crime
législatif de tous les temps est perpétré par
cette loi sur la banque et le numéraire."
Un lien organique assez lâche était maintenu avec le
pouvoir politique: la nomination par le président des
États-Unis des sept membres placés à la
tête du consortium des banques composant la FED - et
confirmés quasi automatiquement par le Sénat - ainsi
que par des dépositions de son gouverneur devant les
Commissions monétaires du Congrès. Mais chacune des
banques privées qui composaient l'ensemble gérait ses
affaires à sa guise. Ainsi dans les 9 000 tonnes d'or en
dépôt comptabilisées en 2006, 98% appartiennent
à des états étrangers, à des organismes
internationaux et à quelques particuliers .
Un des promoteurs de cette funeste décision, Salmon P.
Chase, Secrétaire du Trésor sous Lincoln, comprit
trop tard les conséquences calamiteuses pour le pays - et
aujourd'hui pour le monde - qui découlent de cette loi des
Banques Nationales: "Ma contribution au passage de la loi des
Banques Nationales fut la plus grande erreur financière de
ma vie. Cette loi a établi un monopole qui affecte chaque
intérêt du pays. Cette loi doit être
révoquée, mais avant que cela puisse être
accompli, le peuple devra se ranger d'un côté, et les
banques de l'autre, dans une lutte telle que nous n'avons jamais
vue dans ce pays."
Rien de tel ne se produisit et le système perdure
jusqu'à nos jours , ce qui fait que le dollar est toujours
la monnaie privée d'un cartel de banques d'affaire qui la
gèrent en fonction de leurs intérêts ,
c'est-à-dire du système capitaliste dont elles sont
les représentantes et les bénéficiaires et pas
du tout en fonction des intérêts de l'Etat où
elles opèrent et de ses citoyens - et aujourd'hui du monde
entier .
Aujourd'hui, la FED n'a pas de réserves et le système
a atteint son apogée. Pendant que l'Etat US croule sous les
dettes, les banques sont quasiment étouffées par
l'abondance de leurs bénéfices . Ainsi, le "World
Investiment Report 2006" de l'ONU constate un gigantesque
accroissement des acquisitions et des fusions . Une bonne partie de
ces acquisitions sont faites avec les dollars - qu'on peut
assimiler à de la fausse monnaie d'un jeu de monopoly - dont
nous verrons que la FED n'a eu que le mal de l'imprimer .
3ème escale - La conférence de Gênes en
1922
Ma navigation circummonétaire m'amena à examiner les
vertigineuses " réparations de guerre " imposées
à l'Allemagne vaincue qui aboutirent à une non moins
vertigineuse inflation et instaurèrent la misère et
le chaos dans un pays qui avait été un des plus
prospères du monde au XIXè siècle. Qui plus
est, elles amenèrent au pouvoir un Hitler au départ
résolu à redresser un pays qui partait à
vau-l'eau. Le système monétaire en subit les plus
violents contrecoups.
Une conférence internationale qui se tint à
Gênes en 1922 essaya de remettre de l'ordre dans la chienlit
et tenta de rétablir l'étalon-or. Mais les
anglo-saxons étaient déjà assez puissants pour
imposer également leurs propres monnaies - le dollar et la
livre sterling - comme monnaies de réserve . Un
relâchement monétaire et une inflation galopantes
aboutirent au crash de 1929 et à la perte de la valeur des
monnaies. Ainsi, le dollar d'aujourd'hui vaut moins de 1% de sa
valeur d'avant 1914.
4 ème escale : Bretton-Woods en 1944 et le dollar
présent en majesté
La fin de la seconde guerre mondiale marqua le début d'une
ère monétaire nouvelle avec l'apothéose de la
puissance politique et économique d'un pays qui, tout en
manifestant toutes les apparences d'une démocratie
bénévolante, avait déjà entrepris de
cimenter une grande partie des murailles de la forteresse de
l'empire avec des billets verts.
En effet, forts de leur victoire sur les nazis et face à une
Europe exsangue, les USA imposèrent en juin 1944, à
Bretton-Woods dans le New-Hampshire, la reconstruction du
système capitaliste mondial, mais uniquement fondé
sur leur propre richesse industrielle et financière. Ils
ressuscitèrent le système de l'étalon-or mais
en y adjoignant cette fois le seul dollar comme monnaie de
réserve, l'Angleterre et la livre sterling étant
sorties moribondes de la guerre .
Il faut dire que la guerre de 1940 fut une considérable
source d'enrichissement pour les USA : pendant toute la
durée des hostilités, c'est en or qu'ils exigeaient
le paiement des armes qu'ils vendaient aux belligérants. Ils
en profitèrent, à la fin du conflit, pour mettre la
main sur tout l'or des banques allemandes , à titre, une
nouvelle fois, de "réparations de guerre" . Autrement dit,
une masse de 30 000 tonnes d'or récupérée en
Europe fut purement et simplement considérée comme un
butin de guerre .
L'or de l'Allemagne et celui que la FED possédait
déjà ont donc servi de couverture au dollar et ont
largement contribué à sa valorisation et à sa
consolidation comme monnaie de réserve .
Bretton-Woods marque le début du règne du Roi-Dollar
qui dura jusqu'à la fin des années 1960.
Ce fut néanmoins une naissance prudente. En effet, il
existait encore quelques garde-fous . Ainsi la valeur du dollar
était définie par rapport à l'or : elle
était 35$ pour une once d'or, ce qui garantissait une
stabilité et une certaine équité dans les
échanges commerciaux. De plus, les USA jouissaient alors
d'une suprématie industrielle immense et possédaient
maintenant à Fort Knox les plus grosses réserves d'or
- 80% de l'or de la planète . De plus, leur balance
commerciale était largement excédentaire et
représentait 40% de la production mondiale. Le monde entier,
en pleine reconstruction, achetait force biens et services
américains et les dollars étaient ainsi
rapatriés en grande partie.
Ce système fonctionnait donc sur une suprématie
monétaire et économique incontestées des
Etats-Unis .
A cette époque, la réserve d'or couvrait encore
à peu près les sommes que les banques centrales du "
Rest of the World " pouvaient réclamer. Mais la domination
économique américaine a diminué
progressivement du fait que les pays européens et le Japon
s'étant redressés n'ont plus importé autant de
produits manufacturés américains .
Comme les appétits intérieurs de l'empire
s'étaient aiguisés en même temps que ceux des
financiers , il fallut, afin de satisfaire les uns et les autres ,
faire fonctionner de plus en plus intensivement la planche à
billets - métaphore qui désigne la création de
monnaie par les banques sous forme de crédits divers aux
particuliers et aux entreprises. Les dettes des particuliers,
ajoutées à celles de l'Etat sous forme de
dépassements budgétaires ont alors
considérablement augmenté la masse de dollars en
circulation .
Mais en 1965, le Général de Gaulle put encore exiger
des Etats-Unis le remboursement en or d'une dette de 300 millions
de dollars. Cinq ans plus tard, au moment de la guerre du Vietnam,
la couverture or n'était plus que de 55% et elle est
tombée à 22% un an plus tard en 1971.
Or, à cette date les Etats-Unis avaient
dépensé 500 milliards de dollars dans leur effort de
guerre au Vietnam alors qu'ils ne possédaient plus qu'une
réserve de 30 milliards de dollars en or.
5 ème escale : Le dollar flottant et la mise en place de
l'escroquerie monétaire du millénaire par un empire
devenu une puissance militaire
De nombreux citoyens du Rest of the World (Reste du Monde),
emboîtèrent le pas au Général de Gaulle
et des demandes de conversion en provenance de diverses banques
centrales étrangères provoquèrent un vent de
panique si bien que le 15 août 1971, acculé, le
Président en exercice de l'empire, Richard Nixon , fut
contraint de demander à la FED de prendre une
décision en forme de coup de poker : abandonner purement et
simplement la convertibilité du dollar en or . N'ayant plus
les moyens de racheter ses billets, la FED, en accord avec le
pouvoir exécutif de l'empire, décida que le cours du
dollar flotterait au gré de l'offre et de la demande.
Cette décision signifiait:
1° - Que le dollar n'avait plus de couverture-or.
2° - Qu'il avait également perdu la garantie de
l'Etat
Ce fut le premier gigantesque coup de force des Etats-Unis, un
véritable coup d'Etat monétaire et un coup de pied
dans la fourmilière de l'économie mondiale. Il marque
leur entrée dans l'ère ouvertement
militaro-impériale . Il fut précisément
décidé à la suite du déclenchement
d'une guerre déjà fondée, elle aussi, sur un
mensonge et une manipulation médiatique de l'opinion
intérieure et des opinions mondiales, celui d'une attaque ,
totalement inventée, de la flotte américaine par le
Vietnam du Nord dans la baie du Tonkin .
Ce fut la première manifestation spectaculaire d'un
mépris pour le Reste du monde , pudiquement appelé
unilatéralisme qui allait croître et embellir au fil
du temps.
En effet, les Etats-Unis décidèrent tout seuls, et en
fonction des aléas de leur politique militaire et des
contraintes économiques qu'elle leur imposait , de changer
les règles du jeu monétaire international. Le dollar,
détaché d'une valeur-or stable, devint une monnaie
dite flottante, c'est-à-dire à la valeur variable au
gré de la demande.
Du coup, tous les biens produits par le Rest of the World et
destinés à l'exportation, donc libellés en
dollars, devenaient, eux aussi, des bouchons flottants .
L'or, démonétisé, était déchu de
son statut d'étalon monétaire et n'était plus
qu'une matière première banale comme le zinc ou le
cuivre.
Depuis 1971, il n'existe plus de système monétaire
international. En effet, la décision unilatérale de
l'empire entraîna ipso facto la perte de valeur de toutes les
monnaies du monde puisque les deux étalons monétaires
sur lesquels elles étaient fondées s'étaient
écroulés. Toutes les monnaies se sont donc mises
à flotter, elles aussi. N'ayant plus, à l'instar du
dollar, aucune valeur par elles-mêmes, elles sont devenues
des moyens de paiement en forme de papier imprimé
légal.
En conséquence, l'économie mondiale devenait un
bateau sans pilote ni gouvernail et, pour continuer de filer la
métaphore maritime, la hauteur des vagues sur lesquelles
voguait l'économie mondiale dépendait de l'humeur des
financiers et des aléas de la politique du seul Etat
émetteur de dollars.
Cette décision impériale présentait un autre
immense avantage aux yeux des financiers de l'empire : sans effet
désagréable sur leur propre économie, elle
mettait, en revanche, toutes les autres économies mondiales
à leur merci.
Problème : comment faire avaler cette décision au "
Rest of the Wold" ?
6 ème escale : Vérification de la
démonstration d'Etienne de la Boétie sur la servitude
volontaire
Ce grand esprit dirait aujourd'hui que l'Amérique n'est
puissante que parce que nous sommes à genoux.
Bien plus que sur des courbes et des équations
mathématiques, l'économie repose sur la psychologie
des peuples et des Etats . L'étalon or-dollar supposait une
vertu et une rigueur économiques séraphiques et
surhumaines de la part de l'Etat dont la monnaie-papier devenait
l'équivalent de la référence-or et qui se
trouvait donc être à la fois juge et partie dans la
compétition économique.
Quant aux Etats utilisateurs du dollar-étalon, ils devaient
soit manifester une allégeance aveugle à l'empire et
accepter une soumission passive à ses décisions, soit
croire en l'existence d'un Etat à la vertu miraculeuse qui
n'aurait jamais la moindre tentation de créer fictivement de
la monnaie et d'arrondir ses fins de mois en achetant au Reste du
Monde beaucoup plus de marchandises et d'équipements divers
que ce qu'il aurait pu le faire grâce à la richesse
réelle produite par son économie.
Mais l'histoire révèle que rien n'est plus facile
à imposer qu'un miracle, comme le prouvent les dogmes des
diverses religions de la planète. Et le miracle, somme toute
modeste par rapport à ceux véhiculés par les
croyances comme la naissance virginale ou la résurrection ,
que l'empire a réussi à répandre, fut la
croyance en sa vertu , en son honnêteté et en son
désir d'agir pour le bien de l'humanité. De plus
l'irrationalité de ce qu'on appelle "les marchés
financiers" n'est plus à démontrer, surtout lorsqu'on
leur présente l'appât de bénéfices
immédiats .
Avec le dollar flottant, toutes les digues étaient rompues
et, comme le disait le sapeur Camenbert, " quand les bornes sont
franchies, il n'y a plus de limites " . Les Etats-Unis pouvaient
dorénavant créer autant de monnaie que le
supporterait leur prestige et celui de leur économie . Sans
couverture, ce n'était rien d'autre que de la fausse
monnaie, ou monnaie de singe.
C'est bien ce qui est arrivé, puisque depuis 1971, la
richesse produite par l'économie de l'empire a
quadruplé , alors que la masse monétaire qu'il a
déversée sur le globe a été
multipliée par quarante .
Les habitants des banlieues du Rest of the World ont beau
être d'un naturel crédule et soumis, notamment les
Européens, et béer d'admiration devant leurs "
libérateurs " de 1944, il n'aurait peut-être pas
été si facile d'inciter leurs banques centrales
à continuer d'accorder au dollar flottant, donc devenu aussi
consistant qu'un caramel mou, un statut privilégié et
à utiliser ce pseudo étalon comme monnaie unique des
échanges entre eux et comme monnaie de réserve de
leurs propres banques centrales. Le mark allemand et le franc
suisse jouissaient à l'époque d'une solidité
et d'un statut enviables .
L'empire a donc trouvé un stratagème
particulièrement efficace et contraignant pour que la
vassalisation des économies mondiales puisse se poursuivre
à son bénéfice exclusif par le truchement d'un
système qui n'avait plus rien de concret ou de
scientifique.
Reposant sur la confiance des utilisateurs , il ressortissait
exclusivement à la psychologie .
7 ème escale : Le grand complot et la création du
pétro-dollar
C'est là qu'intervient la soif de pétrole de l'empire
que j'ai présentée dans le chapitre II des Aventures mirobolantes de
l'empereur Picrochole . Le pétrole, hier comme aujourd'hui,
n'est pas un produit ordinaire. Il est le moteur de toute
l'économie mondiale. Ce que les Etats-Unis ne pouvaient plus
faire avec la seule arme d'un dollar affaibli, ils tenteront de le
réaliser par l'alliance du dollar avec le pétrole.
L'opération connut une belle réussite pendant trente
ans .
Pour cela, il leur fallait un comparse complaisant - un complice -
qui trouverait également son propre intérêt
dans cette alliance. Ce fut le royaume de la famille Saoud,
appelé Arabie Saoudite qui accepta de jouer ce
rôle.
Le cadeau sans prix que le royaume saoudien fit à
l'Amérique au début des années 1970 , en
échange d'une "protection militaire" et de divers "avantages
économiques", fut de libeller et de vendre son
pétrole exclusivement en dollars . Comme il s'agit du plus
gros producteur et du membre le plus influent de l'OPEP , les
autres monarchies du Golfe, en bons moutons de Panurge
pro-américains, suivirent le mouvement, si bien que
l'habitude, puis une sorte de loi tacite s'imposèrent : pour
acheter du pétrole, il fallait des dollars. Et pour obtenir
des dollars, il fallait , soit acheter des produits
américains , ce qui dopait l'industrie de l'empire et
procédait en quelque sorte au blanchiment d'une monnaie
fictive créée par un simple jeu d'écriture -
une variante d'un " argent sale " - soit n'utiliser que les dollars
dans les échanges internes entre Etats.
On faisait ainsi entrer dans un circuit commercial classique
à l'extérieur des USA des billets de banque qui,
à l'origine étaient simplement du papier
imprimé . Du coup, une monnaie fictive créée
ex-nihilo par des institutions financières privées de
l'empire, trouvait par la magie de ce mécanisme un statut
officiel de monnaie réelle.
Comme cette masse flottante de monnaie circulait en dehors de
l'Etat émetteur puisque, de fil en aiguille, elle
était devenue l'étalon international des
échanges de toutes les marchandises, la créance
n'était jamais présentée au débiteur.
Celui-ci pouvait d'autant mieux continuer à créer de
la monnaie que la demande de pétrole était de plus en
plus importante. La quantité de monnaie augmentait donc
parallèlement à l'augmentation de la demande de
pétrole dans le monde .
Ainsi la monnaie privée des financiers américains est
devenue, de fil en aiguille, la monnaie mondiale dominante : 75% de
la monnaie mondiale sont des dollars. De plus,tantôt par des
pressions, tantôt par des menaces, tantôt tantôt
par suivisme, lâcheté , indifférence ou
ignorance des utilisateurs, les dollars représentent 80% des
fonds détenus par les banques étrangères. Je
reviendrai ultérieurement sur les liens entre l'invasion de
l'Irak et la décision de Saddam Hussein de vendre son
pétrole en euros.
En attendant, la martingale fonctionnait à la perfection et
il est avéré que l'empire américain en faux
monnayeur efficace, jouissait du statut exceptionnel de pouvoir
acquérir, comme il a été décrit
précédemment (voir chapitre III) , des biens
considérables tant à l'étranger qu'à
l'intérieur, du pétrole, un armement
phénoménal, un équipement spatial, une
infrastructure universitaire, des laboratoires et des centres de
recherche performants avec une monnaie fictive appelée
dollar, mais non gagée par des actifs réels.
Depuis la dérèglementations du système
bancaire mondial en 1994 par les accords de l'OMC (Organisation
mondiale du commence) les puissantes sociétés
financières de Wall Street , les fonds de pensions et les
trusts bancaires de l'empire ont pris d'assaut la planète et
mettent la main sur tout ce qui offre une rentabilité
juteuse : des usines, des sociétés contre du papier
imprimé à gogo appelé dollars .
Ce mécanisme s'apparente à une escroquerie pure et
simple puisque les richesses de l'empire sont financées par
des "emprunts" , qui s'accumulant deviennent des dettes
vertigineuses et donc impossibles à rembourser. Quand
l'escroquerie est aussi gigantesque elle en devient invisible
.
De même que l'empire romain imposait aux provinces ou aux
Etats qu'il avait vaincus un tribut annuel sous forme d'un
impôt ou de la fourniture de marchandises (par exemple, le
blé d'Egypte), le monde entier paie aujourd'hui à
l'empire américain un tribut évalué à
700 milliards de dollars qui représentent la
différence entre ce qu'il produit et ce qu'il
dépense.
Cette situation ubuesque dont le monde commençait à
éprouver les conséquences néfastes mais sans
en mesurer vraiment l'ampleur et le danger , fut acceptée
volens nolens par la planète tout entière, faute
d'une coalition assez puissante, assez lucide et assez
déterminée à y mettre un terme, malgré
quelques grincements de dents ici ou là.
8 ème escale : Le bord du gouffre et le dérapage
avant la chute
Déjà quelques glissades dangereuses avaient
donné des sueurs froides aux plus prudents et aux plus
perspicaces, hantés par le crash de 1929. Une crainte de
plus en plus perceptible commençait de troubler les
institutions monétaires du Rest of the World de ce
qu'à force de creuser le trou des déficits et des
dettes, une gigantesque implosion finisse par ébranler la
planète.
La panique devant un 11 septembre 2001 financier - ô combien
plus catastrophique pour l'économie mondiale que
l'écroulement, plus ou moins accompagné
officiellement des deux tours jumelles du WTC et de la voisine qui
leur faisait face et qui n'ayant pas même été
effleurée, s'est visiblement effondrée par compassion
- préoccupait de plus en plus d'esprits pendant que la
fête battait son plein sur les ponts du Titanic et que
l'euphorie régnait chez les boursiers.
Cet épisode est d'autant plus troublant que les sous-sols
des deux tours principales du WTC contenaient une gigantesque
réserve d'or et que seule une faible quantité de
lingots soigneusement empilés dans un semi remorque
abandonné dans un conduit souterrain reliant les tours
jumelles à la troisième, a été
récupérée . Les trois tours appartenaient
à M. Silverstein. Il se peut que ce fait, qui semble avoir
été jugé anecdotique , prenne un jour une
importance insoupçonnée.
Deux événements majeurs sont venus troubler le jeu de
cartes des magiciens du dollar flottant : la naissance d'une
monnaie commune européenne, l'euro,et la fin de la
publication régulière de l'agrégat M3 qui
révélait au monde entier l'importance de la
gloutonnerie dépensière de l'empire.
Car il existait une dernière petite butée rassurante
pour les utilisateurs du dollar avant la chute dans l'abîme :
toutes les données monétaires disponibles
étaient publiques, aussi bien les liquidités -
pièces, billets, comptes courants, livrets, comptes
épargne, sicav - que l'ensemble des moyens de paiement. Les
monétaristes les désignent sous le nom d'"
agrégats " et les ont classés en quatre types : M0,
M1, M2 et M3. Le plus important de ces agrégats est le M3
parce qu'il contient les précédents. C'est celui qui
nous intéresse car c'est celui qui pilote la politique
monétaire globale. Il est l'indicateur le plus fiable de la
quantité totale de dollars en circulation à
l'intérieur des USA et dans le monde. Il permet donc de
calculer le rapport entre la richesse réelle de l'Etat et
son train de vie.
L'entrée en scène de l'euro en 1999 offrait au monde
l'alternative d'une nouvelle monnaie internationale . L'empire,
sentant le danger, avait vainement jeté toutes ses forces
dans la bataille pour essayer d'en empêcher le
débarquement .
Accueillie d'abord prudemment, cette météorite creusa
néanmoins un gros cratère dans les sables bitumineux
du pétro-dollar et remit en cause la superbe construction
monétaire qui avait imposé au monde l'utilisation
d'un dollar même flottant et dévalué comme
seule monnaie de réserve au bénéfice de
l'économie des USA.
Mais le coup de grâce vint de l'intérieur même
du système . Le 23 mars 2006 un événement
capital se produisit dans l'histoire
économico-monétaire de la planète, dont la
presse quotidienne, le nez sur le guidon du quotidien et
complètement myope, n'a pas tout de suite mesuré
l'importance : la décision de la Réserve
fédérale de l'empire américain (FED),
émettrice privée des dollars, d'arrêter la
publication de l'agrégat monétaire M3 ainsi que la
parution de divers autres indicateurs secondaires qui, par des
moyens détournés permettaient aux autres Etats de la
planète de se faire une idée globale de la masse
monétaire en circulation.
Continuant de collationner les données, le cartel de banques
privées composant la FED rompait le contrat de confiance qui
le liait aux utilisateurs de sa monnaie, et gardait pour son usage
exclusif les données recueillies, considérant avec le
mépris et l'indifférence propres à l'empire,
que les banques centrales et les citoyens du Reste du Monde
n'avaient qu'à se débrouiller dans le brouillard ou
à faire aveuglément confiance aux maîtres du
monde , c'est-à-dire aux financiers de la FED.
En réalité, il s'agissait d'une opération de
camouflage honteux d'une dette exponentielle, officiellement
évaluée à 8.000 milliards de dollars , mais
qui serait en fait de 42 000 milliards - et même de 55 000
milliards selon d'autres calculs - si l'on y intégrait les
dépenses de santé et les retraites, ce qui
représente dix-huit à plus de vingt fois le budget
annuel de ce pays.
Si un particulier doit deux mille euros à une banque, c'est
un problème pour lui, mais s'il doit deux millions d'euros
à cette même banque, c'est un problème pour la
banque. La situation est transposable à la dette
américaine, dont le montant colossal des dettes
privées et publiques continuant d'augmenter dans le plus
grand secret, ne sera évidemment jamais remboursé et
constituera à l'avenir un problème majeur pour tous
les Etats de la planète .
Quid du comportement à venir des pays qui détiennent
de pleins coffres de créances en dollars ? Quid de l'avenir
de l'économie de l'empire ? Mais surtout, quid de l'
économie des autres pays des autres pays de la
planète? Quel sera l'avenir de l'euro ?
On peut, au sujet de la situation monétaire actuelle,
appliquer à l'empire la métaphore qui disait que la
roche tarpéienne est proche du Capitole. Il n'est pas
nécessaire d'être un grand prophète pour
affirmer avec une quasi certitude que le Capitole américain
penche dangereusement , qu'il est sur le point de s'effondrer et de
s'écraser dans le gouffre de la dette et de la gloutonnerie
impériales comme la traîtresse Tarpeia s'était
écrasé dans le gouffre qui s'étendait au pied
de la roche à laquelle le Capitole des Romains était
adossé et du haut de laquelle elle avait été
précipitée, donnant son nom au célèbre
rocher.
Seule la date précise reste à déterminer ,
même si les financiers de Wall Street susurrent que la chute
sera assez lente et qu'ils maîtrisent la situation. Il est
d'autant plus important d'éviter une panique
dévastatrice qu'ils espèrent avoir le temps de mettre
leurs billes à l'abri et de trouver un stratagème
afin d'obliger le Reste du Monde à assumer les
conséquences du fardeau de leur dette. Traduit en langage de
l'empire cela donne : "La FED espère un atterrissage en
douceur de l'économie américaine..." .
Les privilèges monétaires dont jouit l'empire depuis
1945 sont les sources de sa puissance et de son expansion. Ils sont
si faramineux qu'on devine que les USA sont prêts à
tout pour en assurer la pérennisation .
Pagesperso-orange.fr/aline.dedieguez
7 ventôse 216
Alain Soral sur Direct 8. (Contre le communautarisme.) posté le mardi 26 février 2008 15:16
Alain Soral sur direct8 dans
l'émission 88 minutes. Les invités :
- Elisabeth Guigou, députée socialiste de
Seine-Saint-Denis, ancien ministre de la justice et de l'Emploi et
de la Solidarité.
- Azouz Begag, ancien ministre délégué
à la promotion de l'égalité des chances,
auteur de La guerre des moutons (Ed. Fayard).
- Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne,
président de Debout la République.
- Jacques de Saint Victor, historien, auteur de Mafias, l'industrie
de la peur (Ed. du Rocher).
- Brigitte Fontaine, chanteuse, & Benoît Mouchard,
directeur artistique du festival d'Angoulême, co-auteurs de
Brigitte Fontaine : intérieur/extérieur (Ed.
Panama).
7 ventôse 216
Jeux du moment : Battlefield 3 PC | Battlefield 3 PS3 | Minecraft 360 | FIFA 12 Wii | FIFA 12 DS




bisous bisous bisous
bonne soirée



ya quelqu'un , 











